La foi en République Démocratique du Congo

Je m’appelle Félix Emedy Malanda, je suis originaire de la République démocratique du Congo et  je suis actuellement étudiant en France. La question de la manière de vivre la foi dans mon pays  m'offre l'occasion de partager brièvement ce que j’ai vécu. Dans ce pays, la foi chrétienne n'est pas  une religion, mais une réalité spirituelle qui influence la vie quotidienne.

Les croyants en Jésus Christ s’accordent sur l’existence de cette substance invisible, fondée sur les enseignements de la  Bible, de la Genèse à l’Apocalypse (Romains 10 : 17). Au Congo, où plus de 90 % de la population  se dit chrétienne, l’expression de la foi repose sur les quatre piliers de l’Église primitive, tels qu’ils  sont décrits dans le livre des Actes des apôtres. (2, 42) : « Ils persévéraient dans l’enseignement  des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans la prière. » 

Mon pays est souvent connu pour les tragédies qui le secouent depuis plusieurs décennies, comme  les guerres d’agression motivées par des intérêts économiques de quelques puissants de ce monde.  Cependant, ces épreuves ont, d’une certaine manière, contribué à la propagation de l’Évangile. Au  moment des atrocités, des tribulations et des souffrances physiques les plus intenses, la foi  chrétienne, qui résulte de l’écoute de la prédication des messages bibliques inspirés par le Saint Esprit, apparaît comme une lumière intérieure inextinguible. Ce n’est pas l’absence de peur, mais  le courage de marcher sur cette terre en croyant, contre toute espérance. Cette foi implique de  considérer que notre vie n’a de sens que par l’utilité qu’elle apporte à notre prochain. Elle implique  également d’avoir un impact positif sur notre monde, notamment en tant qu’artisan de paix, car  Jésus-Christ, qui vit en nous par son Esprit, est le Prince de la paix. Le message de l’amour de Dieu  et de l’homme est primordial. 

La communion fraternelle est également un pilier important de la chrétienté en RDC. Elle se  manifeste à travers des moments de rencontre, de solidarité et d’entraide. Elle peut également  prendre la forme de stratégies d’évangélisation pour annoncer publiquement la foi au monde, et  ainsi répondre au désir de Dieu qui veut que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de  la vérité (1Timothée 2.4). Une autre expression visible de cette communion fraternelle est la  fraction du pain, qui rappelle la victoire du Seigneur Jésus-Christ sur le malin, le pardon gratuit de  nos péchés acquis par la grâce seule, au moyen de la foi, ainsi que l’espérance ferme de la  résurrection et de la vie éternelle en lui. 

La prière est une pratique essentielle pour les croyants congolais. Comme les trois piliers  précédents, elle occupe une place centrale dans l’expression de la foi. Elle est perçue comme une  déclaration de dépendance totale du prieur envers Dieu. Elle est considérée comme la seule chose  dont l’excès ne nuit pas. Le croyant moyen est convaincu que seul un verdict divin est irréversible.  Il existe des centaines d’églises dans chaque région, ainsi que des milliers de chambres de prière  ou de cellules de culte. En RDC, les chrétiens continuent de vivre les manifestations des dons  spirituels mentionnés dans la Bible. J’ai par exemple vu des malades guéris, des démons chassés et  des paralytiques marcher, après de courtes prières faites avec foi au nom de Jésus-Christ. On y croit  aux miracles, car la vie y est déjà un miracle. Il paraît que les miracles sont rares dans une société  où l’on s’y attend le moins. Quoi qu’il en soit, ce sont les œuvres du Saint-Esprit qui les accomplissent,  quand il le veut, comme il le veut, avec qui il le veut, afin de glorifier le nom précieux et glorieux  de notre Seigneur Jésus-Christ. 

Que la paix et la grâce vous soient multipliées, chers frères et sœurs en Jésus-Christ..

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