Cette jeune femme juive qui a vécu à Amsterdam sous l’occupation allemande raconte comment au cœur même du chaos, elle prend conscience qu’il est important de préserver ce qu’elle appelle « la demeure de Dieu » en nous, cette demeure menacée par la haine d’autrui, le défaitisme, le déchainement de la violence… Peut-être ses prières nous étonnent-elles ?
« Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance. Une chose cependant m’apparaît de plus en plus claire : ce n’est pas toi mais c’est nous qui pouvons t’aider – et, ce faisant, nous nous aidons nous-mêmes. C’est tout ce qu’il est possible de sauver en cette époque et c’est aussi la seule chose qui compte : un peu de toi en nous, mon Dieu. Peut- être pourrons-nous aussi contribuer à te mettre au jour dans les cœurs martyrisés des autres. (…) C’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous… On n’est jamais sous les griffes de personne tant qu’on est dans tes bras. Cette conversation avec toi, mon Dieu, commence à me redonner un peu de calme…
Crois moi, je continuerai à œuvrer pour toi, je te resterai fidèle.”
Etty Hillesum 12. 07.1942