Il exerce un ministère, étymologiquement il est « au service » dans un cadre communautaire. Le conseiller, la conseillère n’est pas missionné(e), c’est le Conseil
presbytéral (CP) dans son ensemble qui est missionné par l’Église.
J’aime à reprendre les paroles du Pr Gilles Pivot quand il précise : « le CP a une mission tout à fait singulière à laquelle il est appelé par Dieu au sein de son Église. Au-delà des tâches de gestion et de discernement qu’il assure, il imprime à la paroisse, au sein de l’Église unie, l’élan spirituel d’amour et d’espérance que l’Esprit lui inspire dans la foi au Christ ressuscité».
Être chrétien, c’est s’engager derrière le Christ, souvent au sein d’une communauté locale dans laquelle chacun à sa place pour être édifié et pour servir. Aussi l’église locale dispose-t- elle d’un vivier pour assumer sa mission spirituelle et ses obligations fonctionnelles. Mais l’erreur est peut-être
de penser qu’on choisit son service, son action, son ministère, alors que la tradition réformée est attachée aux notions de « vocation » et « appel », de même que Dieu appelle et le jeune Samuel répond (et tant d’autres avant et après lui !). Le discernement se fait donc à deux niveaux : individuel pour la vocation « intérieure » qui relève de l’individu et public pour l’appel « extérieur » qui concerne le CP et dont un des indicateurs peut être la reconnaissance de tel ou tel paroissien par ses pairs. Et pourquoi pas toi?
Certes, dans la collégialité d’un conseil, tenir la barre à plusieurs n’est pas forcément simple. Mais quand le désir de servir, le respect et la confiance des uns envers les autres sont là, ce ministère édifie autant qu’il peut réjouir. Peut-être même que la seule excuse valable pour refuser d’y participer serait le manque de foi en Celui qui nous dit « vas avec la force que tu as ».