C’est l’escalade de la démesure, la surenchère des idées de cadeaux et des folies. Nous dressons des menus et des tables, la belle vaisselle et les couverts en argent : nous mettons les petits plats dans les grands.
Nous nous dressons nous-mêmes sur la pointe des pieds sous les vitrines illuminées, dans les files d’attente, aux comptoirs, aux caisses des magasins. Nous nous grimpons nous-mêmes sur le trente et un de nos élégances. II nous faut un Noël à crever le plafond. Ta pauvreté est devenue fête de riches.
A dépossession, fête des cadeaux. Le silence de la nuit, fête du bruit.
Mon Dieu, mon Dieu, nous avons fait de Noël une escalade, une promotion, une ascension
alors que ton Noël à toi se ramasse par terre, à même le sol froid, dans la paille d’une étable.
Nous avons fait de Noël la fête des étoiles et des stars alors que ton Noël à toi ne se trouve qu’à condition de se baisser. Se baisser si bas qu’il faut s’en mettre à genoux.
Mon Dieu, mon Dieu, que la terre est basse ! Mais elle est ta terre et le berceau de ton Fils.
Joyeux Noël !
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